Written By :

Category :

Uncategorized

Posted On :

Share This :

Bavardage d’Alice #1 – Invente tes mots

Le langage est un outil de communication, certes. Dans notre souci d’optimiser les systèmes d’information, on pourrait avoir la fausse intuition d’ingénieure de vouloir le standardiser. Mais ce n’est pas seulement un protocole de communication, c’est aussi un vecteur de culture et standardiser la culture c’est triste. 

J’invente régulièrement des mots.

Dès que je ne trouve pas la bonne façon d’exprimer mon sentiment j’ai deux solutions : la périphrase ou un néologisme batard. “Ca dépend d’à quel point tu es concerné” ou “Ca dépend de ton niveau de concernation”.

Ces mots m’ont aidé à exprimer mes idées.

Parfois le dictionnaire ne suffit pas

Dans une communauté, une culture, une organisation, un métier, une religion, un sport, les concepts peuvent être très spécifiques et on peut se retrouver limité par les mots que nous propose le dictionnaire. 

Alors, si quelqu’un au sein de cette communauté réussit à trouver un mot suffisamment bien construit pour que toute la communauté en question le comprenne, et qu’il est adopté, je ne vois pas où est le problème. 

Ainsi le mot “Goudinaf”, signifie la juste quantité de travail par rapport aux ressources disponibles sur un sujet au sein de Startin’blox, évidemment venu de l’anglais ‘good enough’ et francisé par notre communauté. La Briqueterie dira le “Juste assez bien”.

Le Wikidictionnaire est une référence pour s’adresser à la communauté francophone. Mais les communautés dans la communauté francophone ne devraient pas se limiter si les mots leur manquent. Je pense que nous devrions nous sentir libres d’en inventer.  

Le vocabulaire comme socle du sentiment d’appartenance

Le langage est le témoin d’une communauté, il raconte son histoire, sa culture, ses problématiques. La langue française est aux français et le provençal est aux provençaux. Il est son socle de compréhension mutuelle, un commun et quand on parle de commun, l’un des gros enjeux est de réussir à créer les règles qui le régissent de façon ascendante. Une façon “d’encapaciter” les communautés, c’est de leur permettre de créer leurs mots, sans culpabilité, ni jugement déplacé. Je n’ai que faire de l’avis de l’Académie française (#LeCovid) et le but in fine n’est pas de briller en société mais de faire passer des idées. 

Comment faire évoluer notre société si on ne peut pas faire évoluer sa langue ?

Une des failles du Wikidictionnaire

Pour publier dans le wikidictionnaire il faut sourcer. C’est cool. Mais il y a un biais : c’est qu’on invisibilise (mot qui existe pour Wikidictionnaire et pas sur le Larousse) la culture orale puisqu’on ne peut sourcer que les écrits. Ainsi “Je fais mes bails” ne dira rien aux personnes âgées mais il y a de grandes chances pour que si tu as entre 20 et 30 tu saches de quoi je parle, que tu sois marseillais ou parisien. Cependant, je doute qu’un jour je mette à l’écrit cette expression qui pourtant a une réalité.

Sentons nous créateurs de notre langue.

Sourcer c’est bien, constater c’est bien, censurer c’est dommage. C’est même un drame quand on parle de culture.

Je pense que le dictionnaire n’est pas une autorité, c’est un support.

Si les mots te manquent, laisse-toi tenter.

Merci Rémi Arnaud et Guillaume Rouyer pour la relecture 😉